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Les centrales solaires de Moléson carburent

Les gares du téléphérique sont équipées de panneaux solaires depuis octobre 2021. Groupe E et les Remontées mécaniques tirent un bilan «réjouissant» de cette opération en altitude. Télécharmey va suivre.

L'installation du sommet (140,4 mètres carrés) a produit pratiquement autant en mars qu'en juin ou en mai dernier. © Stéphane Schmutz / STEMUTZ.COM
L'installation du sommet (140,4 mètres carrés) a produit pratiquement autant en mars qu'en juin ou en mai dernier. © Stéphane Schmutz / STEMUTZ.COM
Publié le 21.09.2022
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L’installation sommitale (2000 mètres d’altitude), posée sur le toit de la station supérieure du téléphérique, est la plus haute centrale solaire du territoire fribourgeois. Elle affiche une superficie de 140,4 mètres carrés, pour une puissance nominale de 29,92 kWc. Elle a produit quelque 38’326 kWh entre octobre 2021 et août dernier compris.

L’installation de Plan-Francey, située à 1520 mètres d’altitude, totalise quant à elle 170 mètres carrés et possède une puissance nominale de 32,5 kWc – elle est donc plus grande et plus puissante que celle la station sommitale. Elle a produit 26’157 kWh durant la même période.

L’avantage de l’altitude

Le résultat réjouit Groupe E, qui s’attendait à ce que la centrale du sommet produise 20% de plus qu’une installation de plaine. «A puissance égale, le rendement est supérieur de plus de 35% à celui d’une installation existante située à Epagny», observait mercredi devant la presse Marc Beaud, responsable des produits de Groupe E.

Cet écart s’explique notamment par la différence de couverture nuageuse entre la plaine et la montagne, ainsi que par la différence de température ambiante – les panneaux produisent davantage à basse température. L’inclinaison des panneaux, bien plus marquée à Moléson (surtout au sommet) que sur un bâtiment classique, joue également un rôle.

La différence de performance est également visible entre les deux stations de Moléson. A Plan-Francey, la production mensuelle ne dépasse jamais 900 kWh entre octobre et février, alors qu’au sommet, elle dépasse systématiquement 1250 kWh entre octobre et mars, et surpasse même les 2500 kWh en octobre, janvier et mars. «Les panneaux de Plan-Francey sont plus souvent enneigés et à l’ombre du sommet», explique Marc Beaud. Sur la base du ratio entre production et puissance nominale, l’installation du sommet est ainsi 77% plus performante que celle de Plan-Francey, elle-même moins efficace que celle d’Epagny.

73% d’autoconsommation

L’investisseur, à savoir le Centre Touristique Gruyère-Moléson-Vudalla SA (GMV), a consacré 148’000 francs pour ces deux centrales, qui seront rentabilisées d’ici une dizaine d’années. Les presque 65’000 kWh produits ont été largement consommés par les équipements de la station (73% d’autoconsommation), dont ils ont couvert 16% des besoins.

Antoine Micheloud, directeur de GMV, précise que ce projet concrétise une longue réflexion. «Il y a des années que l’on sait que l’énergie sera un défi. Nous avons la possibilité de produire local et renouvelable, et de stabiliser nos coûts: c’est aussi intelligent que de faire de nouvelles infrastructures de loisirs.» Les remontées mécaniques s’apprêtent également à changer la motrice du funiculaire, opération qui devrait permettre 5 à 10% d’économie d’électricité.

Antoine Micheloud projette de développer encore le solaire, notamment sur la gare de Plan-Francey, sur le toit du restaurant de Plan-Francey – pour alimenter le futur télésiège – et sur des bâtiments de Moléson-Village.

Une première, mais pas la dernière

GMV est la première société de remontées mécaniques à s’équiper d’une centrale solaire. «Télécharmey va suivre, avec les gares inférieure et supérieure du Rapido Sky», note Michel Beaud, directeur général, responsable de la direction technique et infrastructure de Groupe E. Le directeur Claude Gendre confirme que 400 mètres carrés seront installés durant le mois d’octobre. Leur production fera plus que compenser l’électricité consommée par la production de neige artificielle.

La faîtière apporte sa pierre

Par ailleurs, la faîtière des remontées mécaniques suisses planche sur les économies d’énergie que peut réaliser la branche, dans le contexte des pénuries d’électricité attendues. «Un outil de simulation a été mis en place et permettra aux stations de voir les économies que représentent une série de mesures, comme l’arrêt du ski nocturne, l’extinction des lumières des canons à neige ou le chauffage. Ce catalogue de mesures est intéressant», note Antoine Micheloud, membre du comité des Remontées mécaniques suisses.

Il souligne qu’en 2021, la consommation des 2427 remontées mécaniques du pays représentait 0,34% de la consommation nationale. La branche affiche un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de francs, pour 17’567 employés. «Tirer la prise et donner des RHT risque de faire tomber pas mal d’entreprises», milite Antoine Micheloud.

 

 

 

 

 

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