La Liberté

Trois comédies musicales qui prennent aux tripes

Vous avez vu tous types de comédies musicales, mais rien est au comparable à celles qui vont suivre. © https://www.vulture.com/2015/10/why-the-rocky-horror-picture-show-still-matters.html
Vous avez vu tous types de comédies musicales, mais rien est au comparable à celles qui vont suivre. © https://www.vulture.com/2015/10/why-the-rocky-horror-picture-show-still-matters.html
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25.03.2021

L’article en ligne » Depuis que Tiktok a transformé nos vies en comédie musicale et que tout le monde s’extasie sur The Greatest Showman, il y a comme un parfum de mièvrerie dans l’air. Si bien que l’on pourrait commencer à voir rouge...

Yvan Pierri

Qui ne connaît pas les Disneys, Les demoiselles de Rochefort ou encore Notre Dame de Paris? Et qui n’a pas maintes fois levé les yeux au ciel devant la 350ème recommandation de The Greatest Showman ? Fini les rêves bleus ! On veut du sang, des tripes et de l’atteinte aux bonnes mœurs comme il se doit.  Pour tous ceux qui ont autre chose à faire que chanter sous la pluie, cette liste non-exhaustive est faite pour vous.
 
Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman
“Vous avez vu tous types de films, mais rien n’est comparable au Rocky Horror Picture Show” énoncent de géantes lèvres rouge-sang lors d’un prologue assez révélateur de la nature particulière du divertissement que l’on s'apprête à regarder. Un jeune couple un peu naïf se retrouve lors d’une nuit pluvieuse obligé de se réfugier dans un lugubre château. Là, ils vont faire la connaissance du Dr. Frank-N-Furter, un “gentil savant fou travesti venant de Transsexuel, en Transylvanie" selon ses propres mots, ainsi que de toute sa clique. Celle-ci se dévoilera tout au long du film au travers de numéros musicaux tous plus loufoques les uns que les autres nous faisant naviguer dans une nuit d’expérimentations sous acides, de morts-vivants bodybuildés et de grandeur tragique. Porté par l’interprétation tout en énergie sexuelle débridée de Tim Curry, The Rocky Horror Picture Show constitue le plus réputé fleuron du cinéma contre-culturel des années 70, ayant porté le film au statut de culte célébrant la liberté et la transgression. Encore aujourd’hui, des projections sont organisées auxquelles se rendent des pèlerins déguisés en personnages du film dans une ambiance des plus délurées.
Disponible sur Disney +
 

 

Phantom of the paradise de Brian De Palma  
Amours maudites, œuvres bafouées, folie meurtrière et ambiance baroque. Tout cela et bien plus se trouvent dans Phantom of the Paradise, le pendant chic et sophistiqué du Rocky Horror Picture Show mais tout aussi flamboyant. Réinterprétation rock du mythe du Fantôme de l’Opéra et de Faust, porté par la mise en scène d’un jeune Brian De Palma en état de grâce, Phantom of the Paradise est un feu d’artifice opératique dont la grâce n’a d’égale que l’absurdité, et la drôlerie d’émule que la violence. Traversé par les magnifiques chansons de Paul Williams qui navigue entre le rock énervé et les ballades mélancoliques, le film dresse également un portrait au vitriol de l’industrie musicale. Inspiré par la figure de Warren Spector, génial producteur musical meurtrier, le personnage du mystérieux Swann fait de la satyre un autre élément de l'exubérance du film. Remarquable à plus d’un titre, Phantom of the Paradise se distingue surtout par son sens de l’étrange. Bien que le film soit souvent très drôle, la violence tragique des événements nous plonge dans une dissonance des plus bizarres. Revendiqué autant par ses auteurs que par ses fans, cette aura particulière en aura influencé plus d’un. Notamment George Lucas qui s’est inspiré du rôle-titre pour créer le fameux Dark Vador. Eh oui !    
Disponible sur FIlmotv
 

 

 

Cry Baby de John Waters
Peut-être le chef-d'œuvre populaire du Pape du mauvais goût, John Waters, qui avait passé les décennies précédentes à troubler l’ordre public avec ces films abrasifs tournés avec trois fois rien dans les rues de Baltimore. Avec son encore tout jeune Johnny Depp incarnant Wade Walter dit Cry Baby, le film suit un  mauvais garçon à la larme unique qui s’amourache d’une candide sainte nitouche. Waters parasite la comédie musicale familiale coincée à l’américaine à coup d’Iggy Pop, d’imagerie homo-érotique détournée et de célébration de la délinquance juvénile. Hilarant et irrévérencieux, le métrage bénéficie également d’une bande originale du tonnerre constitué de vieux standards oubliés du rock’n roll et du blues, et fait ainsi figure de bel hommage aux folles années du twist. Reprenant presque tel quel le glamour  estampillé Broadway, généralement plutôt réservé à une certaine bourgeoisie américaine, il le transpose ici dans les milieux défavorisés d’Amérique pour un effet satirique des plus réussis. Assumant son mauvais goût avec fierté, Waters trousse un spectacle généreux, le tout sans sacrifier la bonne humeur ! 
Disponible sur Youtube à partir de 4 francs  
 

 

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