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La jeunesse tient-elle le coup?

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29.03.2021

Depuis le début de la Crise Covid-19, une augmentation des dépressions a été constatée en Suisse. Les jeunes semblent tout particulièrement touchés

Leonardo Mariaca

Société » La dépression est une maladie qui se caractérise par de la fatigue, une perte ou un gain de poids rapides, un désintérêt social, un sentiment de culpabilité ou encore une grande tristesse selon le psychologue Alain Bochud. Ce dernier explique: «On distingue deux types de dépression: la dépression endogène d’abord, qui survient sans facteur déclenchant, et la dépression réactionnaire, qui advient à la suite d’un traumatisme psychologique, comme un deuil ou un échec.» C’est cette dernière qui est en nette augmentation depuis la crise de Covid-19, selon l’étude «Swiss Corona Stress Study» de l’Université de Bâle. Interrogé, le comité des 4e ainsi que le Schülerrat du Collège Sainte-Croix constate: «Nous remarquons un manque de motivation général, notamment en raison de l’absence de loisirs et de l’impossibilité de voir ses amis en dehors de l’école.»

«Dans le cas des universités, les jeunes qui ont quitté le foyer familial et qui voyaient en leurs études comme une forme d’émancipation se retrouvent enfermés chez eux.»
Alain Bochud

En effet, cette enquête menée en novembre 2020 a révélé que 29% des jeunes de 14 à 24 ans présentaient des symptômes dépressifs graves. Ces chiffres s’expliquent par plusieurs facteurs, comme l’affirme Alain Bochud: «Dans le cas des universités, les jeunes qui ont quitté le foyer familial et qui voyaient en leurs études comme une forme d’émancipation se retrouvent enfermés chez eux. Dans cette phase de transition, les groupes de pairs aident énormément, or il est devenu plus difficile de sociabiliser actuellement.» A cela s’ajoute la diminution des activités sportives et culturelles. Gisela Bissig Fasel, rectrice du Collège Sainte-Croix, confirme: «Une majorité des activités extrascolaires de nos élèves a été supprimée. Ces activités manquent au bon équilibre du programme scolaire, ce qui a pour effet de miner la motivation des jeunes.»

Comment réagir?

Face à cette situation, la direction du Collège Sainte-Croix a pris des mesures pour remonter le moral des troupes, comme le confie le comité des 4e: «Un piano a été installé dans l’atrium du collège, avec des intermèdes musicaux à la pause. De plus, la Motto-Woche, une semaine où l’on a la possibilité de se déguiser, a été mise en place par le Schülerrat et a été très appréciée.» Dans ce contexte, il est important de ne pas hésiter à partager son sentiment: «Les élèves peuvent se tourner vers les professeurs, proviseurs, médiateurs scolaires, aumôniers et psychologues scolaires. L’école peut activer tout un réseau de soutien pour trouver des stratégies qui permettent de faire face aux situations stressantes», affirme Gisela Bissig Fasel. Enfin, il est essentiel de rester actif, comme le conseille Alain Bochud: «Il faut garder ses habitudes coûte que coûte: se laver, s’habiller, manger trois fois par jour. Il faudrait idéalement sortir tous les jours, même quelques minutes. Et surtout ne pas avoir peur de demander de l’aide.»

«Il faut garder ses habitudes coûte que coûte: se laver, s’habiller, manger trois fois par jour.»
Alain Bochud

Des structures d’aide existent pour les jeunes, notamment le site d’information ciao.ch

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