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Débats autour de la loi CO2

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31.05.2021

Les critiques sur cette loi soumise au vote le 13 juin portent essentiellement sur les taxes, mais aussi sur son inefficacité en termes de protection du climat

Nastasia Jeanneret

Votations » Le 13 juin, le peuple suisse choisira s’il accepte ou non la loi dite «CO2». Fruit d’un compromis parlementaire de trois longues années, elle vise pour 2030 une diminution des émissions de gaz à effet de serre de la Suisse de 50% par rapport à 1990. L’augmentation de la taxe sur le CO2, l’introduction d’une taxe sur les billets d’avion et l’accroissement des investissements des importateurs de carburant dans la protection du climat sont quelques-unes des mesures envisagées. Ce texte est combattu d’un côté par l’UDC et de l’autre par plusieurs sections romandes de la Grève du Climat (GdC) et certains partis de gauche. La GdC fribourgeoise ne s’est quant à elle pas positionnée.

Guillaume Kolly, 26 ans, soutient le référendum. Expert agronome et jeune udc fribourgeois, il dénonce les taxes punitives: «Avec cette loi, on appuie encore plus sur les PME (petites et moyennes entreprises, ndlr) et la classe moyenne et rurale. Le boulanger qui fait ses livraisons tous les jours en voiture en sera impacté.»

Jeune verte élue au Conseil général de la commune de Fribourg, Giulia Tognola, 18 ans, ne partage pas cette crainte: «Même si les importateurs de carburant pourront augmenter le prix de l’essence au plus de douze centimes au litre, ils ne le feront sûrement pas pour des questions de concurrence.» Selon elle, ces taxes toucheront davantage les plus riches: «Cette loi repose sur le principe du pollueur-payeur, ce seront donc surtout ceux qui ont plus de moyens qui devront payer.»

Différentes stratégies

Fabrice Bourquenoud, 25 ans, est ouvrier agricole et membre de la GdC de Fribourg. Selon lui, taxer les ménages est antisocial et inefficace: «Les cinquante dernières années ont prouvé que les taxes ne fonctionnent pas sur le peuple: le prix du baril de pétrole est passé de 3 dollars en 1970 à 67 dollars aujourd’hui, pourtant la consommation n’a cessé d’augmenter. Ce ne sont pas dix centimes qui vont changer quoi que ce soit.» Pour lui et la GdC fribourgeoise, le constat est clair: «Cette loi n’aura pas d’impact climatique. Tout ce qu’elle fait, c’est déplacer la charge fiscale sur la population: elle crée des exonérations pour les entreprises et les reporte sur les gens. C’est une loi fiscale, pas une loi CO2.»

Guillaume Kolly refuse cette loi qu’il juge insuffisamment claire et à côté de sa cible: «Les conséquences du changement climatique sont déjà là, donc ça ne va rien changer de faire entrer une loi en fonction dans deux, trois, ou même dix ans. Il vaut mieux agir plus tard bien, que tout de suite mal.» Si elle considère cette loi insuffisante pour répondre aux enjeux environnementaux, Giulia Tognola la voit comme un tremplin: «Cette loi n’est rien par rapport aux changements à faire, mais c’est un premier pas. Si elle est acceptée, on pourra ensuite obtenir davantage.»

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