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Créer plutôt qu’écrire

Clément Werkmeister a réalisé un draw my brain pour valider un séminaire de master en neurosciences. © Héloïse Hess
Clément Werkmeister a réalisé un draw my brain pour valider un séminaire de master en neurosciences. © Héloïse Hess
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27.07.2021

La multiplication des cours permettant des évaluations alternatives aux articles scientifiques est une tendance qui prend de l’ampleur

Nastasia Jeanneret

Etudes » Enregistrer un podcast, produire une bande dessinée, organiser un événement public: les cours universitaires proposant des formes originales de rendus à leurs étudiants sont de plus en plus courants. A l’Université de Fribourg aussi, cette tendance est observable.

Ce printemps, Cherine Fahim et Roberto Caldara ont demandé à leurs étudiants de master de créer un film d’une dizaine de minutes pour valider un séminaire portant sur l’apprentissage et les souvenirs. Docteur en sciences neurologiques, Cherine Fahim pense que ce type de rendu est motivant pour la jeune génération: «Je suis consciente que j’enseigne à des jeunes qui aiment communiquer, collaborer et créer. Leur lancer ce défi, c’est leur permettre de partir à la recherche de nouvelles idées, qui seront écoutées et qui auront un impact.»

«Leur lancer ce défi, c’est leur permettre de partir à la recherche de nouvelles idées»
Cherine Fahim

Selon elle, ces rendus créatifs ont des effets bénéfiques sur l’apprentissage: «Simplement taper sur un clavier n’enrichit pas la créativité ni la mémoire. Je voulais aller au-delà de ce qu’ils ont l’habitude de faire, pour ancrer dans leur esprit nos sept séances et les pousser à imaginer un projet futur.»

Briser la monotonie

Clément Werkmeister, qui a participé à ce cours, a choisi de réaliser un draw my brain, soit une vidéo explicative à l’aide de dessins et d’une voix off. A 23 ans, ce jeune diplômé en master de psychologie explique: «En neurosciences, on comprend et on apprend beaucoup mieux en faisant des schémas et en mettant des couleurs. Je trouvais donc intéressant de montrer ce qu’on avait appris en utilisant ces outils.»

Il s’est beaucoup investi dans ce projet, qu’il trouvait stimulant: «C’est quelque chose de nouveau, ça brise la monotonie de la modalité d’examen. Ça motive beaucoup plus et ça permet de faire son propre apprentissage.» Ce médium permet aussi de le rendre plus accessible: «Mes autres travaux de bachelor et de master, je ne les faisais lire qu’à une ou deux personnes au maximum, alors que cette vidéo, je l’ai déjà partagée avec beaucoup plus de monde. Je peux plus facilement la montrer à des amis, des collègues ou des personnes qui s’intéressent au sujet pour leur demander ce qu’ils en pensent.»

Intérêt du rectorat

Chantal Martin Sölch, vice-rectrice en charge de l’enseignement à l’Université de Fribourg, souligne qu’au niveau de la direction, les réflexions sur ces nouveaux formats commencent à se déployer: «Aujourd’hui, il y a une plus grande ouverture et de nouvelles idées qui émergent. Il y a des initiatives de la part des enseignants et un intérêt au niveau du rectorat. C’est quelque chose qui se met gentiment en marche et que nous aimerions intensifier.»

«Aujourd’hui, il y a une plus grande ouverture et de nouvelles idées qui émergent.»
Chantal Martin Sölch

Elle rappelle toutefois l’importance de leur qualité: «Faire un podcast demande des compétences de la part des enseignants eux-mêmes. Donc c’est important qu’ils puissent se former, pour ensuite pouvoir offrir ces nouvelles méthodes à leurs étudiants.»

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