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Un déluge ravage les rues de Petropolis

Au moins 78 personnes sont mortes après de violentes pluies dans la ville touristique voisine de Rio

A Petropolis, on évoquait hier une «situation de guerre» tant les intempéries ont tout dévasté. © Keystone
A Petropolis, on évoquait hier une «situation de guerre» tant les intempéries ont tout dévasté. © Keystone
Publié le 17.02.2022

Temps de lecture estimé : 4 minutes

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Brésil » Au moins 78 personnes sont mortes à la suite de pluies violentes qui ont provoqué des glissements de terrain et inondations dans la ville touristique brésilienne de Petropolis. C’est ce qu’a annoncé hier le gouvernorat de l’Etat de Rio de Janeiro.

«Jusqu’à présent, 78 morts ont été confirmées, 21 personnes ont été sauvées», a dit le gouvernorat dans un communiqué de mi-journée, évoquant «quasiment une situation de guerre», avec une forte mobilisation des secours, mais sans préciser le nombre de disparus dans la localité située à 60 km de Rio (sud-est).

Le dernier bilan officiel provisoire mardi soir faisait état de 18 morts dans la ville pittoresque qui a reçu en quelques heures davantage de pluie que la moyenne pour tout un mois de février, selon l’agence météorologique MetSul.

Réchauffement du climat

Le Brésil a été frappé en cette saison des pluies par des précipitations particulièrement sévères – également dans les Etats de Bahia (nord-est), Minas Gerais et Sao Paulo (sud-est) – que les experts ont liées au réchauffement climatique.

Avec le réchauffement, les risques d’épisodes de fortes précipitations augmentent, selon les scientifiques. Ces pluies, associées notamment au Brésil à une urbanisation souvent sauvage, favorisent inondations et glissements de terrain meurtriers.

Plus de 180 pompiers se trouvaient à Petropolis, avec quelque 400 militaires, fouillant la terre boueuse dans cette ville de montagne qui fut la résidence d’été de l’ancienne cour impériale fuyant la canicule de Rio.

Des équipes spécialisées en recherche et en sauvetage ont été envoyées pour renforcer les opérations de secours, avec l’appui de véhicules 4x4 et de bateaux dans la ville dévastée par des torrents de boue.

L’endroit le plus touché est Alto da Serra, une colline que de nombreuses familles descendaient hier en pleurant, emportant les maigres affaires qu’elles ont pu sauver, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des rivières de boue

«Tous les gens dans la rue disent que c’est un scénario de guerre», a déclaré Wendel Pio Lourenço, un habitant de 24 ans qui participe depuis la veille aux secours. «J’ai retrouvé une petite fille engloutie dans la boue», dit le jeune homme, qui transporte un téléviseur vers une église servant de refuge.

La boue a englouti des habitations et des toits en tôle arrachés jonchaient le sol. Un important débit d’eau s’écoulait toujours depuis les collines.

De nombreuses voitures ont été violemment emportées par des rivières de boue. Des commerces ont été inondés par l’eau qui a dévalé dans les rues du centre historique de Petropolis.

L’église de Saint-Antoine, près de la zone la plus touchée, a ouvert ses portes à quelque 150 habitants qui ont abandonné des maisons déjà détruites ou menaçant de s’effondrer. «La plupart de ceux qui arrivent ici ont perdu des parents. C’est une situation difficile», déclare à l’AFP le Père Celestino, curé de la paroisse.

«Etat de calamité»

La mairie de Petropolis, une ville de 300 000 habitants, a décrété mardi soir l’«état de calamité» et le gouverneur de l’Etat, Claudio Castro, s’est rendu sur place. Un deuil de trois jours a été décrété.

Depuis Moscou où il se trouve en visite et avant d’aller à Petropolis demain, le président Jair Bolsonaro a remercié son homologue russe Vladimir Poutine «de ses vœux de solidarité envers la population» et souhaité que «Dieu réconforte» ceux qui ont été endeuillés par «cette catastrophe».

Destination touristique

Les pluies ont pris fin, mais d’autres étaient prévues et, en attendant, le brouillard recouvrait hier la localité sinistrée. Petropolis est devenu une destination qui attire un grand nombre de touristes en quête d’histoire, de randonnées dans une nature verdoyante et d’un climat tempéré, voire frais.

L’écrivain autrichien Stefan Zweig s’y était réfugié pour fuir le régime nazi et y a mis fin à ses jours en 1942.

En janvier 2011, plus de 900 personnes avaient péri en raison de fortes pluies provoquant des inondations et des glissements de terrain dans une vaste région proche de Rio comprenant Petropolis et les villes voisines de Nova Friburgo, Itaipava et Teresopolis. ats/afp

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