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Chronique: mon père, ou l’art de quantifier les émotions

Quand son père lui dit «Je t'aime», notre chroniqueur Michaël Perruchoud s'inquiète immédiatement.

Pour ceux qui, pudiques, ne parlent pas la langue de l’émotion, la vie est souvent une affaire de performances. ©  Museums Victoria/Unsplash
Pour ceux qui, pudiques, ne parlent pas la langue de l’émotion, la vie est souvent une affaire de performances. ©  Museums Victoria/Unsplash

Michaël Perruchoud

Publié le 22.11.2023

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Le mot de la fin » L’autre matin, je reçois un SMS que je regarde d’un œil discret. «Mon fils, je t’aime», est-il écrit noir sur blanc. Je me fige dans la rue. Il faut comprendre, mon paternel et moi, on se dit des choses à travers les résultats sportifs, cyclistes en tête, la passion qui nous réunit. Quand on veut se faire un clin d’œil, on s’envoie: «T’as vu Pogacar?» ou «Tu penses quoi du parcours de l’année prochaine?» mais jamais «Je t’aime». Si on dit «je t’aime», c’est parce que quelque chose ne va pas!

Pour mon père, le monde se quantifie. Et les chiffres aident à ranger les émotions dans des tiroirs. L’impalpable ne se mesure pas, il vaut donc mieux le taire. Ainsi, quelqu’un se définit par le nombre de kilos qu’il peut porter, par le t

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