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Chronique: Cette porte qu’on hésite à franchir

Soignants ou proches, il peut nous arriver à tous d’avoir à pénétrer dans l’intimité de quelqu’un. © Keystone
Soignants ou proches, il peut nous arriver à tous d’avoir à pénétrer dans l’intimité de quelqu’un. © Keystone

Angélique Eggenschwiler

Publié le 14.06.2024

Temps de lecture estimé : 2 minutes

C’est pas simple, qu’on se dit en quittant l’hôpital, l’EMS ou en regardant l’aide-soignante changer les draps de notre vieille tante, pas simple de passer sa journée à torcher des culs. «Torcher des culs», une expression qu’on entend souvent, trois mots qui sentent la fange, le désinfectant, le mépris; il y a ceux qui réussissent, et ceux, celles souvent, qui torchent des culs. Autrement dit, vous n’aviez qu’à vous sortir les doigts du cul à l’école si vous ne vouliez pas passer votre vie à en nettoyer.

Il faut beaucoup d’amour pour le faire, encore plus pour se laisser faire

Comme vous, j’en connais quelques-unes, des torcheuses de culs, des orfèvres de la pudeur qui rentrent sur la pointe des pieds dans l’intimité des autres pour rendre leur vie un peu plus soutenable, un peu moins collante et nauséabonde. Elles savent faire. Glisser un mot doux entre deux coups de patte humide, plaisanter, asseoir tendrement les patients, les garder debout dans ce moment d’univer

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