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Le Sénat débat de la réforme électorale de Biden, vouée à l'échec

Le président américain Joe Biden a choisi de s'impliquer personnellement dans la bataille en se rendant par deux fois au Sénat la semaine dernière (archives). © KEYSTONE/EPA/MICHAEL REYNOLDS
Le président américain Joe Biden a choisi de s'impliquer personnellement dans la bataille en se rendant par deux fois au Sénat la semaine dernière (archives). © KEYSTONE/EPA/MICHAEL REYNOLDS


Publié le 18.01.2022
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Le Sénat américain a commencé mardi à débattre de la grande réforme électorale de Joe Biden, avec laquelle le président promet de protéger l'accès aux urnes des Afro-Américains. Le texte est pour l'instant voué à l'échec, faute des soutiens nécessaires.

Un an après l'entrée en fonction du démocrate et à dix mois des élections de mi-mandat, l'organisation des élections est plus que jamais un sujet brûlant en Amérique.

Avec sa réforme électorale, Joe Biden veut poser un cadre pour l'organisation des scrutins fédéraux. Il cherche en parallèle à annuler une série de restrictions adoptées dans plusieurs Etats conservateurs depuis la présidentielle de 2020. Parmi elles, l'interdiction en Géorgie de distribuer des boissons ou des encas dans la file d'attente pour voter, ou de faire la promotion du vote par correspondance au Texas.

Les républicains assurent que ces restrictions renforcent la sécurité des élections du pays, un argument fort auprès de leur base, encore nombreuse à croire que la présidentielle de 2020 a été "volée" à Donald Trump. Les ONG dénoncent au contraire des mesures qui visent et discriminent délibérément les Afro-Américains, qui ont très largement voté pour Joe Biden à la dernière élection.

Le camp du président veut à tout prix adopter cette grande réforme électorale avant les élections de mi-mandat, lors desquelles les démocrates risquent de perdre leurs très minces majorités au Congrès.

Situation "difficile"

Mais l'opposition républicaine est vent debout contre cette loi, assurant qu'elle confie aux démocrates le droit de prendre le contrôle des scrutins à travers le pays. "On parle d'un parti qui veut le pouvoir de réécrire unilatéralement les règles des élections américaines", a encore dénoncé mardi le puissant ténor conservateur Mitch McConnell.

Aucune chance donc de rallier des parlementaires républicains pour atteindre la "supermajorité" de 60 voix requise au Sénat pour clore les débats et soumettre le texte au vote. L'état-major démocrate a par conséquent imaginé une procédure permettant de passer en force à la majorité simple - avec les 51 voix qu'il contrôle contre 50 à l'opposition.

Mais deux sénateurs de l'aile modérée des démocrates refusent cette manoeuvre, condamnant de fait la réforme elle-même. "Les démocrates au Sénat ne se font pas d'illusions quant à la difficulté de la situation", a concédé leur chef Chuck Schumer mardi. Quel intérêt donc de débattre de cette loi?

Manifestations

"Le président pense que le peuple américain mérite de voir quelle est la position de ses dirigeants sur la protection de ses droits fondamentaux", a plaidé la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki. "C'est une raison suffisante pour avancer dans ce débat", a-t-elle jugé.

Signe de l'importance qu'il accorde à ce dossier, le président américain a choisi de s'impliquer personnellement dans la bataille, en se rendant par deux fois au Sénat la semaine dernière. Mais il a lui aussi avoué ne pas être "sûr" que cette réforme aboutisse.

Pour tenter de renverser la vapeur, les organisations de droits civiques ont multiplié les événements à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Martin Luther King. Une nouvelle manifestation a été organisée mardi sur les marches du Capitole. Et dans une lettre, le président de l'association de défense des droits civiques NAACP a mis les sénateurs américains face à leurs responsabilités.

"Nous ne pouvons imaginer une période plus décisive pour la démocratie américaine que le chapitre que vous êtes en train d'écrire", a écrit Derrick Johnson. "Le socle de la liberté en Amérique repose sur notre droit sacré de voter", a-t-il souligné. "Sans lui, tout le reste s'effrite."

ats, afp

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