La Liberté

06.09.2021

Le comédien Jean-Paul Belmondo est décédé à 88 ans

Bébel restait un fidèle du tournoi de tennis de Roland-Garros, où il acceptait volontiers de faire des selfies. © KEYSTONE/AP/Alessandra Tarantino
Bébel restait un fidèle du tournoi de tennis de Roland-Garros, où il acceptait volontiers de faire des selfies. © KEYSTONE/AP/Alessandra Tarantino
Une amitié fidèle avec Alain Delon, quoi qu'on ait pu en dire. © KEYSTONE/AP/Thibault Camus
Une amitié fidèle avec Alain Delon, quoi qu'on ait pu en dire. © KEYSTONE/AP/Thibault Camus
Dans Borsalino en 1969 avec Alain Delon. © KEYSTONE/AP
Dans Borsalino en 1969 avec Alain Delon. © KEYSTONE/AP
Bébel restait un fidèle du tournoi de tennis de Roland-Garros, où il acceptait volontiers de faire des selfies. © KEYSTONE/AP/Alessandra Tarantino
Bébel restait un fidèle du tournoi de tennis de Roland-Garros, où il acceptait volontiers de faire des selfies. © KEYSTONE/AP/Alessandra Tarantino
Une amitié fidèle avec Alain Delon, quoi qu'on ait pu en dire. © KEYSTONE/AP/Thibault Camus
Une amitié fidèle avec Alain Delon, quoi qu'on ait pu en dire. © KEYSTONE/AP/Thibault Camus
Dans Borsalino en 1969 avec Alain Delon. © KEYSTONE/AP
Dans Borsalino en 1969 avec Alain Delon. © KEYSTONE/AP
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06.09.2021

Pour tous, c'était "Bébel". Avec la mort de Jean-Paul Belmondo, à 88 ans, le 7e art perd une de ses figures les plus populaires, un acteur sachant tout faire, sans se prendre trop au sérieux, des films d'action aux plus belles heures du cinéma d'auteur.

L'interprète aux 80 films est décédé lundi à la mi-journée, a annoncé sa famille dans un communiqué, transmis par leur avocat à l'AFP. Il laisse derrière lui des rôles inoubliables, jeune premier la cigarette au bec dans "A bout de souffle", pendu à un hélicoptère au-dessus de Venise dans "Le Guignolo".

Sa carrière commencée sur les planches l'a mené en un demi-siècle aux sommets du box-office français, avec 130 millions de spectateurs cumulés au cinéma. Dans les mémoires, c'est le Bébel au sourire ravageur, nez de boxeur et gouaille inimitable, qui restera.

L'hommage de Macron

Nous nous retrouvions tous" en Jean-Paul Belmondo, a salué lundi Emmanuel Macron, en évoquant "un trésor national, tout en panache et en éclats de rire, le verbe haut et le corps leste, héros sublime et figure familière, infatigable casse-cou et magicien des mots".

"Il restera à jamais Le Magnifique", a ajouté dans un tweet le chef de l'Etat qui avait décoré Jean-Paul Belmondo en novembre 2019 à l'Elysée, en le faisant grand officier de la Légion d'honneur.

"Derniers héros"

Sa mort tourne une page majeure du cinéma français, Belmondo partant après sa bande d'amis du conservatoire, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Crémer ou encore Claude Rich... Il restait un modèle absolu pour ses pairs, notamment Jean Dujardin, qui le considérait comme "l'un des derniers héros" du cinéma français. Ses tribulations dans "L'Homme de Rio" ont inspiré jusqu'à Steven Spielberg, pour "Indiana Jones".

Et le public français ne s'est jamais lassé de revoir ses films, sur grand écran, à la télévision ou plus récemment sur Netflix, dans des polars comme chez Godard.

C'est d'ailleurs la rencontre avec le cinéaste de la Nouvelle Vague, autre figure majeure du 7e art, qui a scellé son destin. "Venez dans ma chambre d'hôtel, on tournera et je vous donnerai 50'000 francs", avait lancé Godard à Belmondo, croisé dans la rue. A même pas trente ans, en 1960, c'est "A Bout de Souffle".

Après le succès du film, "on viendra à moi", racontait Belmondo en 2016 dans "Mille vies valent mieux qu'une", un livre de souvenirs. Leur collaboration se poursuivra avec "Une femme est une femme" (1961) et "Pierrot le fou" (1965).

Casse-cou

Belmondo enchaîne ensuite les succès critiques. De Jean-Pierre Melville ("Léon Morin, prêtre") à François Truffaut ("La sirène du Mississipi") en passant par Louis Malle ("Le voleur"), les cinéastes s'arrachent l'acteur, le seul à rivaliser avec Alain Delon. "Lui et moi, c'est le jour et la nuit", confiera Belmondo, évoquant une "amitié fidèle" avec Delon, loin de la rivalité qu'on leur a souvent prêtée.

Passionné de boxe - gamin, il rêve d'égaler Marcel Cerdan -, il privilégie ensuite les rôles très "physiques" avec moult cascades, sans doublure, et coups de poing. C'est la période des superflics, des macho bagarreurs et des truands: "Borsalino", "Le Magnifique", "Flic ou voyou", "Le Professionnel" ou encore "L'As des as".

Qui aujourd'hui encore, oserait les cascades que ce casse-cou aimait réaliser lui-même, comme cette course sur le toit d'un métro en marche dans "Peur sur la Ville" ? Mais "on a fini par me coller une étiquette" de cascadeur alors que "moi, ce que j'ai eu envie de faire, dans ma carrière, c'est de naviguer entre Malle, Godard, Melville et des gens comme Verneuil, Deray, Lautner", confiait-il.

Et "si je n'exécute pas de pirouette, on m'en veut, on m'étrille", plaisante-t-il en 2016 dans un livre de souvenirs. Comme dans "La Sirène du Mississipi" de Truffaut (1969) où il est un amoureux transi.

Le "polar de trop"

Pendant plus de vingt ans, 48 de ses films dépassent chacun le million d'entrées... dont des records avec "L'Homme de Rio" de Philippe De Broca (4,8 millions d'entrées en 1964), "Le Professionnel" (1981) de Georges Lautner et "L'As des as" (1982) de Gérard Oury (plus de 5 millions). Jusqu'au "Solitaire" en 1987, son premier gros échec commercial. "Le polar de trop. J'en avais marre et le public aussi".

Il rebondit avec le personnage truculent de Sam Lion dans "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lelouch (1988). L'un de ses plus grands rôles, avec à la clef le César du meilleur acteur. Trophée qu'il ne va pas chercher. Il revient à ses premières amours: il remonte sur les planches avec "Kean" et "Cyrano" et devient propriétaire du Théâtre des Variétés.

AVC

Mais à partir de 2001, un accident vasculaire cérébral qui l'a fortement handicapé l'écarte des studios. Hormis un bref retour dans "Un homme et son chien" (2008) de Francis Huster. L'histoire d'un vieillard que la société rejette.

Son élocution est affectée, mais le capital sympathie reste intact: s'il disparaît presque du grand écran, il répond présent lors des cérémonies en son honneur, comme en 2017 où il reçut un César d'honneur.

Bébel aura partagé l'écran avec les plus grandes actrices, de Catherine Deneuve à Claudia Cardinale et des histoires d'amour avec certaines, comme Ursula Andress ou Laura Antonelli. Ce bon vivant qui a eu quatre enfants (dont une fille, Patricia, décédée) de deux unions, laisse derrière lui un clan resté proche jusqu'à la fin.

Et à qui il aura transmis son amour du cinéma et des sensations fortes: Paul, son fils, a tâté au théâtre et à la télévision, en parallèle d'une carrière de pilote automobile, et Victor, son petit-fils, fait des débuts prometteurs au cinéma.

ats

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