La Liberté

La presse dubitative face aux conclusions des CdG sur Berset

Le président de la Confédération Alain Berset était au courant des échanges entre son chef de la communication et les médias pendant la crise du coronavirus, mais pas de leur contenu. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Le président de la Confédération Alain Berset était au courant des échanges entre son chef de la communication et les médias pendant la crise du coronavirus, mais pas de leur contenu. © KEYSTONE/PETER SCHNEIDER


Publié le 18.11.2023


Les médias croient peu à l'implication distante d'Alain Berset dans l'affaire des CoronaLeaks décrite par les Commissions de gestion du Parlement (CdG). Leur mission n'a pas été remplie, estiment-ils.

Le rapport des commissions a un goût d'inachevé, peut-on lire dans Le Temps samedi. "Il fallait faire la lumière", sachant que l'ampleur des CoronaLeaks a perturbé la gestion de la pandémie. Et la responsabilité d'Alain Berset est "évidente", écrit le quotidien, qui souligne la sortie ratée du Fribourgeois sur le point de quitter le Conseil fédéral.

Les CdG ont fait "chou blanc" en ne mettant personne au pilori, faute de preuves, relève La Liberté. Les moyens limités des politiciens expliquent ce résultat, selon le journal fribourgeois. "S'il y a refus de fournir les mails privés par exemple, il est difficile pour un organe politique de forcer la main", souligne-t-il.

CdG "édentées"

Outre-Sarine, les médias sont moins tendres. Les CdG ont, certes, fourni un travail "remarquable", mais elles ont clairement raté leur cible, assure le Tages-Anzeiger. "Même la question centrale de savoir si Alain Berset était au courant des indiscrétions reste ouverte", déplore le journal alémanique, qui se désole du peu de personnes ayant été entendues par les commissions.

Les CdG sont une autorité "édentée" abonde la Schweiz am Wochenende. "Et il lui a peut-être manqué la volonté de creuser en profondeur", écrit l'hebdomadaire. Même si les commissions n'ont pas pu fournir de preuves concrètes, "cela ne signifie en aucun cas qu'Alain Berset était ignorant", tient à préciser le journal, qui voit dans son départ du Conseil fédéral un indice de son implication dans les CoronaLeaks.

Le Blick, édité par le groupe Ringier, indique aussi ne pas avoir senti une "volonté farouche d'aller réellement au fond des choses" et juge l'enquête des commissions déséquilibrée. Seul le Département fédéral de l'intérieur a été passé sous la loupe, déplore-t-il. Dans aucun autre département, des mails de collaborateurs n'ont été demandés et analysés.

"Monsieur Téflon"

La Neue Zürcher Zeitung juge elle les conclusions des CdG "quelque peu étonnantes" et remet en question le rôle du Conseil fédéral dans l'affaire. "La culture de l'indiscrétion était très répandue au Palais fédéral et le gouvernement n'a rien fait pendant longtemps", commente-t-il.

Certains éléments indiquent, certes, l'existence d'un système Berset, poursuit le quotidien. Un système dont le Conseil fédéral n'a "curieusement" jamais rien su. Rien ne reste accroché à "Monsieur Téflon", résume le quotidien zurichois. ATS

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