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Importante nécropole préhistorique découverte en Valais

"On connaît ce genre de tombes par des découvertes anciennes, des mentions ou des objets conservés dans des musées, mais c'est la première fois qu'on peut faire le lien entre l'architecture, les défunts et les parure/objets", relève l'archéologue cantonal adjoint. © KEYSTONE/GABRIEL MONNET
"On connaît ce genre de tombes par des découvertes anciennes, des mentions ou des objets conservés dans des musées, mais c'est la première fois qu'on peut faire le lien entre l'architecture, les défunts et les parure/objets", relève l'archéologue cantonal adjoint. © KEYSTONE/GABRIEL MONNET
Dans certains des petits coffres en pierre, on observe encore une partie des squelettes, déposés en position foetale, sur le côté gauche ou droit. © KEYSTONE/GABRIEL MONNET
Dans certains des petits coffres en pierre, on observe encore une partie des squelettes, déposés en position foetale, sur le côté gauche ou droit. © KEYSTONE/GABRIEL MONNET


Publié le 09.08.2022
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Une importante nécropole préhistorique a été découverte en Valais. Dix-neuf tombes dites en cistes, soit des inhumations en position repliée dans des petits coffres en dalle de pierre, ont été mises au jour à Savièse. Une fouille de trois semaines est en cours.

Au lieu-dit des Mouresses à Savièse, sur une parcelle de terre qui accueillera bientôt une villa et qui surplombe la vallée, l'office cantonal d'archéologie a découvert une nécropole de dix-neuf tombes datant de l’âge du Bronze ancien (environ 2000 ans avant Jésus-Christ). "C'est une découverte extraordinaire", s'est réjoui mardi devant la presse réunie pour l'occasion l'archéologue cantonal adjoint François Mariéthoz.

Extraordinaire, car c'est la première fois que l'architecture d'un site de cette période peut être observée et analysée dans le détail, soit avec les ossements des défunts, leurs objets et parures de manière à faire le lien entre les différents éléments. Au XIXe siècle, lors de l'aménagement de vignes, une grande quantité de sépultures sont découvertes, rappelle François Mariéthoz. La plupart du temps, les ossements sont jetés, les objets vendus et la documentation relative lacunaire, voire inexistante.

Analyse d'une société

"Il fait bon vivre à Savièse depuis plus de 4000 ans, c'est ce qu'on découvre aujourd'hui", constate en riant le conseiller d'Etat Mathias Reynard, citoyen de la commune. C'est que ce nouveau site redéfinit l'occupation du territoire de Savièse à travers les âges. "S'il y a une nécropole, il doit aussi y avoir des habitations. Va-t-on les trouver?", s'interroge l'archéologue.

Le site démontre aussi que la tradition de l’inhumation en ciste a perduré jusqu’au début du IIe millénaire av. J.-C., avant que la tombe en position allongée sur le dos ne s’impose dans toute la région. "On va pouvoir étudier ce changement de tradition, voir s'il se passe partout en même temps, comparer les ossements de cette nécropole aux squelettes retrouvés dans des sites funéraires du Néolithique", liste par exemple François Mariéthoz.

Dans certains des petits coffres en pierre, on observe encore une partie des squelettes, déposés en position foetale, sur le côté gauche ou droit et qu'InSitu Archéologie SA, la société mandatée par le canton pour fouiller le site, a méticuleusement mis au jour. Parures ou objets accompagnent les défunts pour leur dernier voyage, autant d'éléments qui donnent des indices sur l'époque du site, avant qu'ils ne soient datés plus précisément par le carbone 14.

A Savièse, les scientifiques ont notamment trouvé un diadème en bronze disposé autour du crâne d'un individu. L'élément est relativement rare, précise l'archéologue. En Valais central, quatre ont été retrouvés au XIXe siècle, mais "il manquait la documentation pour attester de la manière dont ils étaient portés", note François Mariéthoz.

Pas d'impact sur le chantier

En Valais, le canton alerte les communes des secteurs archéologiques potentiels, mais on pratique presque exclusivement une archéologie dite de sauvetage ou préventive, c'est-à-dire que les fouilles s'effectuent uniquement sur la zone qui va être détruite par la nouvelle construction. Cette fouille-ci doit durer trois semaines, jusqu'à la mi-août, où le chantier pour la construction d'une villa débutera.

"Nous avons négocié le temps d'arrêt nécessaire pour que les archéologues puissent étudier, préserver et documenter tout ce qui doit l'être", indique l'archéologue cantonal adjoint. Cette phase se déroule très vite, n'impacte pas le chantier en cours et permet de sauver des informations importantes pour le patrimoine, abonde le conseiller d'Etat Mathias Reynard.

Une réflexion sur une meilleure valorisation des trouvailles archéologiques valaisannes est en cours afin que le public puisse y avoir accès plus facilement, complète-t-il.

ats

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