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Julien Sprunger: «Il faut essayer de ne pas trop en faire à côté»

Julien Sprunger entame sa 21e saison en National League. A 36 ans, le capitaine de Fribourg-Gottéron demeure un rouage essentiel de son club et l'expérience lui a permis de savoir comment s'adapter.

Julien Sprunger toujours efficace à 36 ans © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Julien Sprunger toujours efficace à 36 ans © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

ATS

Publié le 22.08.2022
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41 rencontres de saison régulière, 18 buts pour 19 assists. La saison 21/22 du numéro 86 des Dragons était «à la Sprunger», selon les standards établis par le Fribourgeois. Et ce alors qu'il a fêté ses 36 ans début janvier.

Justement, une fois que l'on passe du «mauvais côté» de la trentaine, qu'est-ce qui change au niveau de la préparation? «Il faut réfléchir différemment, avance le capitaine fribourgeois. Je pense qu'il faut être à l'écoute de son corps. Après, la préparation ne diffère pas franchement des autres. Le travail foncier se fait toujours de mai à juillet/août. La récupération est par contre un peu plus longue. Cela se joue ensuite plutôt dans la gestion de la saison. Il faut essayer de ne pas trop en faire à côté.»

«Aujourd'hui je dirais que ce n'est pas de l'économie, mais de l'expérience»
Julien Sprunger

Ne pas trop en faire, est-ce à dire que le numéro 86 s'astreignait à une charge de travail herculéenne par le passé? «Avant, je voulais toujours faire les programmes de force à fond, là je sais davantage écouter mon corps. Je vais peut-être faire la moitié ou trois quarts des programmes en accord avec le préparateur physique. L'expérience est hyper importante dans ces moments-là. A un certain âge, tu veux y aller à fond. Chaque match, chaque duel, chaque shift. Aujourd'hui je dirais que ce n'est pas de l'économie, mais de l'expérience. On apprend à voir un peu plus loin et à gérer.»

Savoir faire un pas en arrière

Le grand ailier aux 359 buts en National League développe: «Je pense que je peux faire les mêmes choses qu'avant, mais différemment. Tu dois t'adapter. Quand tu joues le vendredi et le samedi, tu ne vas pas monter sur la glace le samedi matin et faire trente minutes de tirs, tu dois penser autrement. Il faut savoir s'économiser, même si ce n'est pas facile parce que tu veux toujours aller plus loin. Mieux vaut faire un pas en arrière. Tout le monde m'a dit combien j'étais bien l'année passée, eh bien c'est justement en sachant mieux gérer les moments sur et hors de la glace que j'ai pu faire cette saison-là. A l'époque, j'essayais de finir tous mes checks, d'aller devant le goal. Aujourd'hui, je ne fais rien de superflu parce que je sais que je ne suis plus au niveau physique d'il y a dix ans en arrière et c'est normal.»

Le capitaine embrasse son rôle d'exemple avec détermination. Cela signifie mettre en avant le «nous» avant le «je», malgré l'instinct parfois volontairement égoïste de tous les grands buteurs: «La saison dernière j'avais un beau temps de jeu. On verra cette année avec les deux étrangers en plus, mais j'ai toujours le power-play et le jeu à 5 contre 5. Il n'est pas question de mettre le pilote automatique et de choisir ses shifts. Il y a des choses qui ne sont pas négociables. Il faut revenir défendre et back-checker. Je ne peux pas me dire, ah là je n'y vais pas parce que j'ai 36 ans. Je veux être un exemple. Mais oui, je dois adapter mon jeu.»

Objectif 1000 matches

Avant le début de la nouvelle saison, Julien Sprunger a fait un beau cadeau aux supporters fribourgeois en prolongeant d'une saison son contrat qui devait s'arrêter en 2023. Le voilà donc lié à Gottéron jusqu'en 2024. «Si j'ai pris cette décision de signer assez tôt, c'est que je me sens vraiment bien, explique-t-il. Il y avait d'abord le ressenti physique. Puis l'envie. Et le fait de se sentir important pour l'équipe. Je sais que j'ai un rôle. Peut-être que je n'amène pas la même chose qu'à 20 ans, mais je pense avoir encore des choses à donner à cette équipe.»

On l'a mentionné plus tôt, Julien Sprunger compte 359 buts en National League et bon nombre de records de l'histoire de son club. Est-il un chasseur de records? «Les chiffres resteront, conclut-il. Quand j'ai battu le record de Slava Bykov, c'était incroyable, le nombre de matches avec Fribourg aussi. Bien sûr que j'aimerais passer les 1000 matches en National League (réd: 937 actuellement). Je pense que c'est important, mais je ne cours pas après ces records. Je pense que cela démontre tout le travail accompli, un retour sur tous les investissements. J'ai commencé en 2002 et on est en 2022. Ca fait quand même un sacré bout de temps. Cela prouve que je dois avoir fait les choses plutôt justes. mais n'oublions pas que le hockey reste un sport d'équipe.»

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